Pas de fumée sans feu

No smoke without fire Marie Havel Artiste site art

 

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Tirage numérique noir et blanc sur papier mat contrecollé sur dibond aluminium, 30 x 40 cm chaque, 4 + 1 e.a, 2015.

Black and white digital printed photograph on matte paper laminated on aluminum, 30 x 40 cm, 4 + 1 a.p, 2015.

Des bunkers dans un ravin au milieu d’une forêt en partie créée pour les camoufler, autrefois recouverts de peinture. Des bunkers qui n’émettaient aucune fumée lorsque l’on y faisait du feu. Tout était fait pour qu’on ne puisse avoir conscience de ce lieu, le Ravin du Loup. Certains allaient même effectuer des prises de vues aériennes du lieu pour être sûrs, qu’on ne voyait bien, rien. Le temps est passé, cet endroit qui autrefois se donnait tant de mal pour se fondre dans le décor s’est finalement fait engloutir par celui-ci. C’est en disparaissant que ce lieu s’ouvre, devient visible par tous.  En pensant à ceux qui l’été vont habiter les « bunkers de sable » sur les plages, leur donnant chaleur et lumière le temps d’une nuit, ravivant un feu dans leur foyer, laissant s’échapper la fumée de leur cheminée. Ces abris démantelés et mouvants de- viennent la base solide et protectrice de vacanciers égarés pour un court moment.  J’ai fait retomber la cendre sur ces épaves de béton échouées et prises par la végétation, englouties par ce ravin du loup. En disparaissant ici totalement, les vestiges de bunkers révèlent à quel point ils ont marqué le paysage dans lequel ils s’enfoncent. Même si on ne voit plus la ruine sous ce qui la recouvre, le point de vue nous rappelle des paysages en ruines, comme s’il s’agissait d’une photographie aérienne, ce qui n’est plus redevient visible et se réactualise par la facture de l’image obtenue. Le recouvrement  redonne presque à ces vestiges leur identité et leur usage premiers, dans le flot des images de modèles réduits actuel (drônes). Ici une archéologie aérienne appliquée sur un travail de maquette semble seule capable de dessiner le secret de ces ruines enfouies.

 

Bunkers in a ravine in the middle of a forest partially created to conceal them, formerly covered by paintings. Bunkers which emitted no smoke when it made fire. Everything was made so that we cannot be conscious of this place, the Ravine of the Wolf. Some were even going to make air shots of the place to be sure, that we did not see the place, to be sure the only thing to see was nothing. The time passed, this place which did everything possible to disappear into the landscape, not to be seen was finally gobbled up by this one. While disappearing this place opens, becomes visible by all. By thinking of those who during the summer are going to live in the « sandbunkers » on beaches, giving them heat and light the time of one night, reviving a fire, letting escape the smoke of their fireplace. These dismantled and unstable huts become the solid and protective base of vaca- tioners misled for short moment. I made the ash fall again on these bunkers, taken by the vegetation, gobbled up by this ravine of the wolf. By disappearing here totally, the vestiges of bunkers reveal how much they marked the landscape into which they sink. Even if we do not see any more the ruin under what recovers it, the point of view reminds us landscapes in ruins, as if it was about an air photo, what is not any more becomes again visible and updates by the invoice of the obtained image. The covering restores almost in these vestiges their identity and their first use, in the stream of the images of small-scale models. Here air archaeology applied to a work of model seems only capable to draw the secret of these buried ruins.

© Marie Havel 2014-2019