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Marie Havel Artiste site art

 

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Graphite sur papier, de 25 x 17,5 cm à  140 x 101 cm, 2016-2018.

Graphite on paper, from 25 x 17,5 cm to 140 x 101 cm, 2016-2018.

Série lauréate du prix jeune création Drawing Room 2016 de Montpellier et du premier prix DDessin 2017, Paris.

Winner serie of the Drawing Room 2016 young creation award, Montpellier and of the first price DDessin 2017, Paris.

Les jeux de constructions semblent s’inscrire dans une boucle infinie qui n’autorise pas leur ruine, j’ai donc souhaité figer l’instant où les édifices commencent à se disperser et où se faisant, on ne sait plus s’ils chutent ou s’ils s’étendent, se propagent avant de redevenir de simples kits de construction. Parce qu’à l’image de la construction de châteaux de sable, il s’agit ici également de construire une ruine, d’ériger une structure vaine, dont on peut présager de la chute. Ici, à l’image des voyageurs de Jules Verne vers le centre de la Terre, qui trouvent en se rendant dans les méandres de la terre un panel d’éléments, de végétations de toutes les époques, de toutes les espèces qui viennent se confondre, coexister au sein d’un même espace, il s’agit de creuser pour retrouver la trace de ce qui a disparu et vient finalement s’ériger devant nous. La végétation vient souder les éléments dans leur chute pour en construire un ensemble persistant, un monde parallèle figé dans l’image qu’on a pu en garder, qui se dégradant se renforce. Le dessin permet par sa précision et sa dimension de venir déambuler à l’intérieur, le traitement lent et précis du dessin est une sorte d’opposition à la rapidité du dessin instrument capable de saisir une scène brève, ici la chute, insaisissable, est captée longuement. Les contrastes et les espaces vides permettent de fuir la lourdeur de l’édifice et le foisonnement des éléments nous attrape comme des enfants qui regardent tout de très près, ne considèrant pas un ensemble mais simplement un élément à un moment donné, une chose à la fois. On perçoit d’abord de loin la chute et finalement en s’en approchant on voit une multitude de couches de paysages qui se superposent, s’entremêlent. Ainsi le dessin enferme autant qu’il suggère la fuite, à la manière d’une cabane d’enfant.

 

Construction games seem to be prisonners of an infinite loop which not allow them to the ruin, also I wanted to fix the moment when the «buildings» start to scatter, when we do not know anymore if they are growing up or falling down, before becoming simples constructions’ materials’ kits back. This is again about the idea of building a sandcastle, like a building, a becoming ruin. Here, like the trip of the travellers of Jules Verne to the center of the Earth, who find there a panel of several elements, vegetations of every times, of every kinds which are coexisting in a same space, this is about digging in order to find back the tracks of what disappeared and what is now coming to be set up in front of us. The vegetation is coming to join, to solder the elements in their fall to build a persistant form, a parallel world fixed in the souvenir we can keep from it, which falling down is getting starker. The drawing allows by its precision and its dimension to come « walking » inside, the slow work of precision is an opponent to the instant process of the act of drawing, here the drawing is taking something brief very slowly, the fall. Contrasts and empty spaces allow to get out of the  « building » and the multitude of details catch us like children looking at something very near, considering only parts of a space, one by one. At first we perceive the fall, then the multitude of landscapes. The drawing is as dealing with the isolation as with the run, the escape, as a child hut can do.
 

© Marie Havel 2014-2019