Qui perd gagne

Rope-a-dope

 Marie Havel Artiste site art

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Sculptures-installations, polystyrène, sable, fers à béton, dimensions variables, 2016-2017.

Sculptures-installations, polystyrene, sand, steel reinforcement bars, variable sizes, 2016-2017.

 

" Qui perd gagne 2, 3 " réalisés durant la résidece de création à Aldébaran Lieu d'Art Contemporain, Castries.

" Rope-a-dope 2, 3 " created during the creation residence at Aldébaran Lieu d'Art Contemporain, Castries.

 

Dans un rapport à l’enfance, et influencée par les écrits de Jean-Yves Jouannais ou Paul Virilio, cette sculpture est autant celle d’un vestige de bunker que d’un château de sable. J’ai toujours été fascinée par le lien qui pouvait se faire entre les restes désarticulés et mouvants des bunkers que l’on peut trouver sur les plages, assujettis aux marées et les constructions de châteaux de sable édifiées par les enfants. Il s’agit de passer du temps à créer un élément instable dont on sait que bientôt il disparaîtra et que finalement, là est notre but : la chute.  Il s’agit souvent de construire un château, autrement dit, une forteresse, un barrage fortifié et pourtant si faible qu’on sait déjà pertinemment qu’il ne pourra résister indéfiniment. Une construction vouée à disparaître, une construction de défense indéfendable, une fortification instable, une forteresse du dérisoire prête à s’évanouir, à se mêler au sol. Mais le bunker subsiste dans sa lente disparition, presque invisible, il se fige. Sa désarticulation l’enracine.  Ici, si le bunker est extrait de la plage et n’est donc plus sujet aux vents et marées, il est néanmoins fragilisé par sa construction, faite de sable et de polystyrène.  Il n’est pas ce qu’il semble être, on peut le penser solide et lourd mais ceci n’est qu’un trompe l’oeil.  Il est important de noter, qu’Albert Speer, l’architecte d’Hitler, théorisa la « valeur des ruines » et souhaitait, aussi étonnant que cela puisse être, que les batîments construits sous le troisième Reich puissent  jusqu’à 1000 ans plus tard, constituer de « belles ruines ».  Si les bunkers n’ont plus la forme première qui leur avait été donnée, ils s’enracinent néanmoins dans nos paysages et notre imaginaire sous formes de ruines, supports de toutes les réappropriations possibles.

 

Connected with childhood and influenced by texts of Jean-Yves Jouannais or Paul Virilio, this sculpture-installation is as much the one of a ruined bunker as it is the one of a sandcastle. I have always been fascinated by the link which could exist between the dismantled and moving rests of bunkers we can find on the beach, victims of the tides and the sandcastles constructions built by children.  This is about taking time to build something instable, that we already know, it will soon disappear, finally, this may be the goal, disappearence, falling-down. This is often about  building a castle, a fortress, something hard which will nevertheless be very weak that it will not be able to stand up for a long time. A construction unable to stay, in a being of disappearence, a construction of defense, undefendable, ready to fall, to be part of the ground. But the bunker stand in a slow disappearence, invisible, its dismantling gives him a way to put down roots.  Here, if the bunker is extracted from the beach and is not any more subject to winds and tides, it is nevertheless weakened by its construction, made by sand and polystyrene. It is not what it seems to be, we can think that it is solid and heavy but this is only an illusion.  This is important to consider that Albert Speer, the architect of Hitler, theorized what he called « values of ruins » and wished, as strange as it could seem to be, that buildings built under the third Reich could until 1000 years later, become « beautiful ruins ». So, if bunkers have no more their first appearence, they take root in our landscapes and our imagination under forms of ruins, base of all the possible reappropriations.
 

 

 

© Marie Havel 2014-2019