En attendant la mer 

Waiting for the sea

 Marie Havel Artiste site art

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Dessins en transferts d'encre sur papier, dimensions variables, pièces uniques, 2015 - en cours.

Ink transfers drawings on paper, variable sizes, unique pieces, 2015 - in progress.

A chaque grande marée, la mer libère un paysage d'habitude invisible, des traces perdues dont la renaissance éphémère crée l’événement et un immanquable spectacle de choses enfouies. Mais ce que la mer donne à voir, elle le reprend presque aussitôt. Ce qui surgit de l’eau sera très vite recouvert par cette mer qui, dans un même temps, engloutira aussi de nouveaux espaces de la côte qu'elle emportera avec elle. 

Ces dessins dont les motifs sont des épaves (souvent celles de bateaux coulés lors de la seconde guerre mondiale) qui retrouvent la vie terrestre le temps de ces grandes marées, sont réalisés à l'encre sur un papier de riz très fin. Une fois le dessin achevé, ce papier est enlevé pour laisser place à la trace d'encre qui a pu le traverser.

Se révèle alors une empreinte fantomatique d'une épave comme une trace fragile encore en mouvement. Par cette technique le dessin est lui-même issu d'un découvrement à l'image de ces épaves découvertes lorsque la mer se retire. Le dessin final est donc un dépôt, un résultat hasardeux dont on ne peut présager, une image évanescente d'un passé enfoui dont on ignore l'évolution avant de peut-être le voir resurgir de l'eau. 

 

At each high tide, the sea releases a landscape usually invisible, lost traces whose ephemeral rebirth creates the event and a spectacle of buried things we wouldn't miss.  But what the sea gives to see, it takes it back almost immediately.  What emerges from the water will very quickly be covered by this same sea, which at the same time, will also take from us new spaces of the coast.

 

These drawings, whose motifs are wrecks (often those of boats sunk during the Second World War), which return to the visible ground and our reality during these high tides, are handdrew with ink on very fine rice paper. Once the drawing is finished, this paper is removed to let only the ink trace that may have passed through the paper.

 

It then reveals a ghostly wreck as a fragile trace still in motion.  By this technical the drawing is itself the result of a discovery, refering to these wrecks discovered when the sea withdraws. The final drawing is therefore a deposit, a random result that cannot be predicted, an evanescent image of a buried past whose evolution is unknown before perhaps seeing it coming up from the water again.

© Marie Havel 2014-2020